Création d’une liaison TGV Bruxelles-Bretagne

L’UBB a entamé une réflexion sur la place de la Bretagne en Europe. L’un de nos premiers constats a été que la Bretagne est isolée géographiquement du cœur économique de l’Europe, souvent appelé « la banane bleue ». La banane bleue est l’expression par laquelle on désigne la mégalopole européenne, un espace densément peuplé, qui s’étend de Londres à Milan. On l’appelle ainsi car elle a la forme d’une banane. La couleur bleue, c’est le fond du drapeau de l’Union européenne.

Le modèle de développement Français est un modèle centralisateur où tout tourne autour de l’agglomération parisienne. Paris est bien entendu pleinement intégrée dans la banane bleue. Si la Bretagne est intégrée à Paris, alors pourrait-on argumenter la Bretagne est aussi intégrée à la banane bleue, en quelque sorte par procuration.

Toutefois, la crise économique qui sévit actuellement en Bretagne, en particulier la crise de l’agroalimentaire breton, et la crise politique mise en évidence par les protestations « des bonnets rouges », mouvement qui est toujours actif puisqu’il a activement contribué à la campagne des élections régionales de décembre 2015, montre qu’une réflexion sur d’autres modèles de développement ne serait pas inutile.

Pour nous qui sommes basés en Belgique, dont une bonne partie à Bruxelles, en plein cœur de la banane bleue, le modèle centré sur Paris ne nous apparait plus comme le plus pertinent. La meilleure illustration est dans le domaine des transports. Pour se rendre en Bretagne à partir de Bruxelles, la solution confortable et écologique est de prendre le train (l’argument est évidement tout aussi valable dans le sens Bretagne-Bruxelles). Toutefois, en pratique il faut changer de train à Paris, prendre le métro et espérer que l’on pourra arriver à temps à Montparnasse pour ne pas manquer la correspondance. Une alternative est de s’arrêter à Lille puis de prendre le Lille-Rennes direct, mais cette alternative ne résout pas le problème de correspondances rendues plus difficiles par le contexte de sécurité renforcée.

Ce constat nous a amené à plancher sur l’idée d’une liaison directe Bretagne-Belgique. Une telle liaison serait bénéfique pour la Bretagne et son économie, notamment en facilitant les échanges entre notre région et le centre décisionnel européen (les subventions agricoles, la politique de la pêche, la législation environnementale, les règles de concurrence se décident à Bruxelles de nos jours). La « manne touristique » venant du Bénélux pourrait aussi bénéficier à la Bretagne. Il est à noter que le sud de la France bénéficie d’une desserte directe en TGV à partir de Bruxelles qui draine des milliers de touristes à haut pouvoir d’achat venant du nord de l’Europe. Détourner une partie de ces touristes vers la Bretagne serait bienvenu en ces temps de crise, en capitalisant sur l’image exceptionnelle dont la Bretagne bénéficie dans le nord de l’Europe. Enfin, n’oublions pas que la crise économique pousse de nombreux jeunes bretons à s’expatrier vers le nord de l’Europe. Leur permettre de rentrer facilement au pays afin de garder contact avec leur région d’origine serait un moyen de compenser partiellement la perte en capital humain que subit la Bretagne. D’un point de vue pratique, l’infrastructure est déjà en place. Dès 2017, Rennes sera reliée à Bruxelles entièrement par des voies à grande vitesse (à l’exception du contournement de Paris). Il ne restera qu’à faire circuler des trains pour valoriser cette infrastructure. Evidemment, il n’y a pas que Rennes en Bretagne. La région travaille activement sur le réseau régional afin de mettre en place les liaisons nécessaires entre le « hub » rennais et le reste de la Bretagne.

L’UBB donc engagé une réflexion dans un premier temps, puis une série d’actions concrètes, notamment par des prises de contact au niveau ministériel en France. Nous bénéficions maintenant de soutiens parlementaires de poids. Nous comptons pousser plus avant le dossier. La liaison ferroviaire Bretagne-Bruxelles nous parait un dossier sur lequel des avancées concrètes sont possibles. Si vous souhaitez contribuer à notre action, n’hésitez pas à vous joindre à nous, toutes les bonnes idées et les divers réseaux que vous pouvez posséder sont les bienvenus.

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